Rwanda : Impact du programme

Egalité des sexes et droits des femmes

L'histoire de Rosalie NYIRAMIHANDA

Nyiramihanda Rosalie a 39 ans, elle habite la cellule Gishyeshye, Secteur Rukoma dans le district de Kamonyi. Elle est veuve depuis 2005. Après la mort de son mari, Rosalie a été chassée de sa maison par la famille de son mari sous prétexte qu'elle n'avait pas le droit à cette propriété parce que, selon la famille de son mari, la maison leur appartenait (à la famille de mari). Comme elle était enceinte, Rosalie a eu deux enfants qu'elle a eu avec le défunt mari et a été renvoyée à sa propre famille (parents). Quelques jours plus tard Rosalie a un nouveau bébé et décide d'élever tous ses enfants chez ses parents. Après 6 ans dans la maison de ses parents, Rosalie a été violée par un voisin et est tombée enceinte, avec quelques mois plus tard un autre bébé à nourrir. Rosalie est veuve avec quatre petits garçons.

Un autre défi pour Rosalie, ele a oublié comment lire et écrire, elle a fréquenté l'école primaire pendant trois ans ( P3 ) mais ensuite arrêté, en raison du fait que ses parents ne donnaient pas de valeur à l'éducation des filles. Rosalie est très pauvre, même la terre agricole qu'elle a obtenu de la famille de son mari ne suffit pas, mais un ami qui lui a donné un porc afin qu'elle puisse obtenir du fumier.

La vie de Rosalie depuis qu'elle a rejoint le programme ACORD
Comme elle a commencé à travailler dans la chaîne de valeur bananier FIA avec l'appui de ACORD Rwanda, Rosalie a récolté une bonne production. Dès Mars 2012, lorsque ACORD a commencé à intégrer l'approche genre et égalité dans la chaîne de valeur agricole dans cette région, Rosalie a été choisie en raison de sa vulnérabilité en tant que femme analphabète allaitant un bébé, afin que l'approche l'aide à créer sa propre entreprise et qu'elle soit informée et sensibilisée sur le respect nécessaire entre les sexes dans l'action économique.
Ne sachant pas écrire avec un stylo, il a été difficile au début pour Rosalie de s'intégrer car la méthodologie genre d'ACORD est basée sur le dessin, et elle craignait que ses collègues se moquent d'elle en raison de ses mauvais dessins. Dès lors, elle a essayé de son mieux et maintenant elle est en mesure de faire son propre dessin. Le symbole de Rosalie est une banane pour dire qu'elle aime tellement les bananes. Elle s'attend à recevoir beaucoup d'argent de sa culture de bananes qui l'aideront à réaliser son rêve.

Sa vision a été établie le 5 Juillet 2012, comme il est indiqué en haut à gauche sur la carte où elle cible les actions suivantes: l'éducation de ses enfants, avoir une bonne ferme de bananier FIA, payer la mutuelle de santé, se faire dépister pour le VIH et le SIDA, la promotion de la culture de dialogue entre ses petits garçons en particulier sur les conflits qui peuvent résulter entre eux, l'achat d'une vache, la réparation de la maison, obtenir de l'argent qui peut l'aider à survivre dans le but de lutter contre les hommes prêts à la tenter avec de l'argent dans les questions sexuelles, notant qu'une pauvre femme est sous-estimée dans la société, la planification familiale, ouverture d'un compte dans une banque commerciale pour y déposer de l'argent qui l'aide à survivre dans sa vie quotidienne, avoir une alimentation équilibrée d'autant plus que ses deux enfants sont mal nourris.

Impact direct sur la vie de Rosalie
« L'approche GALS a totalement changé mon état d'esprit, je ne me sous estime plus en tant que femme. Grâce à cette approche et le soutien d'ACORD, je suis une femme guidée par mes rêves. » Certains de ses rêves sont devenus réalité, tels que la planification familiale, le dialogue avec ses enfants, son premier-né qui avait abandonné l'école et qui y est retourné.

Grâce à ce programme, Rosalie et les autres femmes participantes sont informées sur les lois en faveur de la femme, elles ont accès aux services sociaux tel que le test de dépistage du VIH et du SIDA. Rosalie a osé se battre pour ses droits en tant que femme, elle ne se sous-estime plus en raison de son adhésion à la consultation en groupe de femmes où elles discutent du développement de leurs familles, de la lutte pour leurs droits, de la lutte contre la prostitution. Elle affirme que personnellement ce programme a joué un rôle essentiel dans sa vie.


Le rêve de Rosalie en dessin, elle est maintenant confiante que tous les éléments de son rêve deviendront réalité,
comme déjà un bon nombre depuis qu'elle a rejoint le programme d'ACORD au Rwanda

L'histoire de Stéphanie Kamatamu
Dans le District de Bugesera vit Kamatamu Stephanie, une femme veuve membre d'un Ihuriro (Forum) appuyé par ACORD Rwanda dans la filière maïs, vivant dans la Cellule Ramiro, secteur Gashora. Elle témoigne : " J'étais très pauvre à cause d'une terre trop petite et stérile, mais quand j'ai décidé de consolider ma terre dans un Ihuriro, je témoigne de l'importance de travailler ensemble, car nous avons pu augmenter notre production par de nouvelles techniques et compétences acquises dans les voyages d'étude et de formation organisés par ACORD. Nous avons beaucoup appris sur la réalisation des composts et l'utilisation d'engrais. A la récolte, nous avons décidé de vendre le maïs, nous avons économisé 30% et partagé le reste des revenus comme épargne dans le système d'épargne locale (SACCO). Moi-même j'ai reçu 60.000frw. J'ai été très heureuse parce que c'était la première fois que je touchais un gros montant provenant de mon agriculture. J'ai payé la mutuelle /assurance de santé de ma famille, les frais de scolarité pour ma fille et acheté une chèvre. Ma vie est complètement changée, je suis pleinement engagée dans la chaîne de valeur agricole et je vais encourager mes voisins à prendre le même chemin pour lutter contre la pauvreté."

 

Appui aux ménages rwandais - l'exemple d'Emmanuel Mazimpaka, leader d'Ihuriro Kabagoyi

MAZIMPAKA Emmanuel, 30 ans, marié et père de 2 enfants, résidant dans le Secteur Gataraga du District Musanze est membre du forum Kabagoyi (34 membres : 12 hommes et 22 femmes) depuis 2004, et qui a été appuyé par ACORD Rwanda depuis 2010.
Après avoir suivi une formation sur le concept de chaine de valeur et une formation pratique sur les techniques modernes de culture de la pomme de terre, MAZIMPAKA Emmanuel, sans avoir été à l'école mais très entreprenant de nature, a été saisi d'une grande envie de monter un projet spécialisé dans la production de semences de maïs et de pommes de terre.
Depuis lors, il n'a cessé de rêver et de travailler. Petit à petit, étape par étape, il a pu acheter le matériel nécessaire pour la construction et l'aménagement d'un petit grenier moderne : planches, clous, briques, tôles, ciment, etc.
Selon lui, ce fut une tâche difficile car ses sources de revenus étaient très limitées. En effet, les seuls moyens dont il disposait provenaient de son travail en tant que aide-maçon sur les chantiers de construction dans la ville de Musanze.

Aujourd'hui, la petite entreprise d'Emmanuel lui procure énormément de satisfaction et l'a aidé à sortir du cycle de pauvreté dans lequel lui et sa famille étaient :
- en moyenne 50 000 Frw par mois, il vise dans le court terme un salaire mensuel de 100 000 Frw, lequel salaire est de loin supérieur à celui touché par un enseignant, qui a terminé le deuxième cycle des études universitaires - en plus de la culture du maïs et de la pomme de terre et de la production des semences, il pratique l'élevage de moutons de race hybride - il est parvenu à acheter quelques lopins de terre, ressource qui devient de plus en plus rare et très chère, particulièrement dans cette région du nord du pays dotée de sol volcanique mais très surpeuplée - enfin il dit pouvoir subvenir aux besoins de son ménage et a pu se construire une jolie maison qu'il a alimentée en courant électrique.

Emmanuel est un fermier exemplaire et peut servir de modèle pour d'autres fermiers locaux. Dans cette région du pays où l'élevage de grand bétail à grande échelle est presque inexistant, ce qui cause un grave problème de manque du fumier organique et rend impossible la pratique de la jachère des terres arables pour la majorité des fermiers, MAZIMPAKA Emmanuel produit du fumier organique en grandes quantités à partir des résidus de la récolte, surtout des tiges sèches du maïs. Il a déjà réalisé une épargne en banque de 300 000 Frw et il compte économiser dans le moyen terme un montant de 1 000 000 Frw pour moderniser et accroître la capacité de son stock.

MAZIMPAKA Emmanuel est sûr et certain qu'il arrivera à mener à bon port son projet de production, collecte, stockage et commercialisation des semences de pomme de terre de bonne qualité. Il est, toujours et en tout, épaulé par son épouse qui se dit très optimiste, motivée et inspirée par son mari.
Néanmoins, un coup de pouce externe lui serait très précieux, notamment un plaidoyer pour qu'il soit reconnu officiellement comme multiplicateur des semences. Ceci lui permettrait de renforcer son entreprise, de canaliser beaucoup de marchés des populations locales (secteurs, district) et d'avoir accès aux marchés des grands distributeurs de semences tel que Rwanda Agriculture Board (RAB) ou même des Organisations Non Gouvernementales comme le Syndicat des Agriculteurs IMBARAGA. Cette prochaine étape est prévue dans le programme ACORD au Rwanda.

Sécurité alimentaire des femmes chefs de ménage au Rwanda Post Conflit

L'histoire de Consolée Mukamana
Consolée est une femme chef de ménage, âgée de 47 ans et mère de 4 enfants. Elle réside dans le district Bugesera, secteur Juru, et vit d'agri élevage comme beaucoup d'autres femmes et filles chefs de ménages de cette région. Suite aux événements tragiques qui ont frappé le Rwanda et l'emprisonnement momentané de son mari, elle s'est retrouvée seule face à de multiples problèmes lié à son nouveau statut de chef de ménage et d'innombrables responsabilités y relatives. Parmi les problèmes qui la tourmentaient, on peut citer non seulement les problèmes d'ordre psycho social comme la solitude et l'isolement , mais aussi les problèmes d'ordre pratiques relatifs à l'incapacité de pouvoir subvenir aux besoins élémentaires de sa famille : manque de moyens de payer les soins médicaux, les habits, les frais de scolarité des enfants, etc.
Les problèmes se sont compliqués davantage quand la région de Bugesera a connu une sécheresse grave et prolongée (en 2000) qui a provoqué une longue période de pénuries alimentaires et famines. Ce fut très dur pour toute la population en général et pour les personnes en situation précaire en particulier.
Pour s'en sortir, MUKAMANA Consolée n'avait qu'une seule solution : vendre, la seule chose de valeur qui lui appartenait notamment les tôles de sa maison pour les remplacer par un plastique sheeting et la porte par un vieux pagne troué ici et là.
Selon ses propres paroles : « ses enfants et elle-même n'oublieront jamais cette période, surtout le froid de la nuit ».
Elle sera soulagée quelques années plus tard, quand grâce à l'adhésion au Forum social, DUHOZANYE, recevra un coup de main de l'ensemble des membres des forums sociaux appuyés par ACORD dans sa localité, qui ont joint leurs efforts pour lui construire une maison. C'est dans ce même cadre des interventions de ACORD au Rwanda, plus précisément dans la mise en œuvre du programme «Droits des Femmes à la terre et à la Sécurité Alimentaire au Rwanda Post Conflit», spécifiquement dans son volet d'appui à la productivité de la terre, que MUKAMANA a bénéficié des formations sur la gestion et la protection du sol, la lutte-anti érosive, la fertilisation du sol, la bonne utilisation du sol et la valorisation de petites espaces agricoles. Elle a bénéficié également dans le cadre de ce programme divers appuis pratiques à savoir une chèvre, des rejets de bananier, des outils agricoles et la semence de haricot. Aujourd'hui, comme résultats de ces appuis et ses efforts en participants activement dans les tontines agricoles avec les autres membres des forums, elle nous montre beaucoup de changements significatifs dans le domaine de l'amélioration des conditions de vie, de la productivité agricole et d'élevage, sécurité alimentaire , nutrition , etc.
Mukamana témoigne :
« Je sui devenue une femme chef de ménage respectée, je n'ai plus peur. Je suis un homme chez moi, J'ai organise une action qui ma permis d'acheter des vaches, des champs pour ma famille, je sui sorti de l'isolement, je suis solidaire avec les autre femmes chef de ménage. Je pratique la rotation dans le ménage au niveau des activités agricoles. J'ai réalisé une récolté supérieur a celle que j'avais avant le programme. J'ai de la vache de la chèvre et Porc provenant de l'agriculture de tomates. Je sais me débrouiller en tant que chef de ménage, j'ai réussi acquérir un crédit bancaire de 500,000 FRW. Je suis actuellement de nourrir ma famille, mes enfants vont à l'école. Je pratique des cultures de tomates qui génèrent des revenus ».

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