Agenda de développement post-2015

ACORD au premier plan de la prochaine réunion du groupe d’experts de haut niveau sur l’après 2015 à Monrovia

Ousainou Ngum, Directeur Exécutif d'ACORD, parle du rôle d'ACORD et plus largement de la société civile africaine dans la troisième réunion du groupe d’experts de haut niveau sur l’après 2015, qui aura lieu du 30 janvier au 2 février 2013 à Monrovia.
Voir les photos des évènements de participation de la société civile à Monrovia.


Nouvel agenda de développement post-2015 : Campagne de consultations

Avec l'approche de l'échéance des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de 2015, l'élaboration du cadre successeur prend son chemin. De nombreux processus ont donc été engagés afin de veiller à ce que le cadre d'après 2015 soit le fruit des discussions et des consultations avec toutes les parties concernées, en particulier la société civile et les principaux bénéficiaires.

Le Secrétaire général des Nations Unies a nommé un groupe de 27 personnalités de haut niveau, dont cinq issues du continent africain et dont l'un des trois coprésidents est la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf du Libéria. Une équipe spéciale de l'ONU a publié, au nom du Secrétaire général, un rapport visant à définir la marche que devra suivre le processus de consultation à l'échelle mondiale relativement au contenu de ce cadre. Jusqu'à présent, près de 70 pays ont pris l'engagement de tenir des consultations incluses et intégrant toutes les parties prenantes, dont 24 sont du continent africain. Outre les consultations nationales, des consultations mondiales ont également été lancées sur onze domaines thématiques. L'une d'entre elles, notamment celle portant sur la gouvernance sera accueillie par le Parlement panafricain en mars 2013 à Johannesburg.

La Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique a lancé des consultations régionales, en partenariat avec l'Union africaine, la Banque africaine de développement et le PNUD et avec la participation de diverses parties prenantes. Les organisations de la société civile - locales ou internationales résidentes - ont déjà organisé des réunions régionales et panafricaines, dont une de trois jours animée à Monrovia, en collaboration avec le Secrétariat d`appui à la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf.

L'Union africaine, la Commission économique pour l'Afrique et la Banque africaine de développement ont travaillé de concert avec le PNUE et le PNUD en accordant l'appui nécessaire pour rallier un consensus africain sur les changements climatiques et le développement tout en tirant parti des positions communes sur les négociations des Nations Unies relativement aux changements climatiques et au développement durable pour Rio +20. Le Centre africain pour les politiques climatiques a joué un rôle important dans cette initiative.

En plus de ces efforts panafricains, Overseas Development Institute (ODI), le PNUD, la Campagne Objectifs du Millénaire, le Fonds mondial et les autres ont mené une étude mondiale cherchant à atteindre au moins 2 millions de personnes afin de connaître leurs priorités dans l'agenda post-2015. Cette enquête sera menée sous 3 formes: en ligne, hors ligne et par messagerie texte. Simultanément au processus d'après-2015, un groupe d'experts intergouvernementaux à composition non limité, communément appelé le « Groupe de travail ouvert », a été mis en place à New York afin de poursuivre les discussions sur les objectifs de développement durable. Ces 2 processus parallèles sont censés converger.

Toutes ces initiatives cherchent à arriver au successeur éventuel des OMD par une voie transparente et inclusive, en contraste avec celle utilisée pour élaborer et mettre en œuvre les OMD.

Cependant, selon ACORD et d'autres OSC africaines et internationales, ces multiples consultations risquent d'aboutir à des résultats qui pourraient, par inadvertance, être similaires à ceux atteints par les OMD. Il s'agit en effet d'une simple liste de buts et d'objectifs qui n'ont aucune corrélation apparente avec les défis et les aspirations de développement du continent eu égard à la place qu'occupe actuellement l'Afrique sur la scène mondiale. Ne pas en tenir compte pourrait conduire à une déconnexion entre les objectifs post-2015 et les tendances et les stratégies nationales, régionales et continentales menant ainsi à des tensions dans la mise en œuvre, comme initialement observé avec l'introduction des OMD au début des années 2000.

Création d'un secrétariat des OSC africaines

ACORD et d'autres grands acteurs panafricains sont tous désireux de voir l'Afrique non seulement participer, mais également être parmi les principaux architectes de l'agenda d'après 2015. Il y a une volonté de voir l'Afrique largement responsable dans l'élaboration de l'agenda d'après 2015 et de faire ressortir les besoins des collectivités et des citoyens. Pour ce faire, ACORD et ses partenaires ont participé activement dans divers processus de consultation et dans des actions de plaidoyer au plus haut niveau. Ils ont ainsi réussi à mobiliser Son Excellence la Présidente Ellen Johnson Sirleaf, qui a fortement soutenu la nécessité de l'émergence d'une voix de la société civile africaine afin de proposer des recommandations concrètes fondées sur la participation de tous.

Un forum des OSC africaines tenu à en octobre 2012 à Monrovia a culminé par l'approbation de la Présidente Sirleaf à abriter un secrétariat des OSC africaines au sein de son bureau d'appui. Ce Secrétariat des OSC africaines a pour but de faciliter la participation de la société civile africaine dans les espaces de haut niveau afin de contribuer de manière optimale aux documents et aux processus stratégiques de consultations post-2015. 

ACORD et African Monitor, deux organisations panafricaines de la société civile qui travaillent activement pour la justice sociale et pour faire entendre la voix des citoyens dans l'agenda du développement, offrent conjointement le leadership au Secrétariat des OSC africaines.

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