Pastoralisme en Afrique de l'Ouest

En marche vers la justice sociale en Afrique de l'Ouest

Découvrez comment des communautés marginalisées en Afrique de l'Ouest s'organisent, se mobilisent et travaillent ensemble pour leurs droits, en particulier leur droit à la nourriture. Dans ce documentaire, les groupes et communautés appuyés par ACORD et ses partenaires vous révèlent comment ils sont devenus acteurs de leur propre survie et de leur développement.

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Pastoralisme en Afrique de l'Ouest

Un pasteur et son troupeau en Mauritanie - Photo © J. Russell

Le pastoralisme est un moyen viable de subsistance pour les communautés pastorales en Afrique de l'Ouest. Mais à cause de leur mode de vie unique, les communautés pastorales sont souvent marginalisés dans des pays  déjà affectés par la pauvreté. En Mauritanie, au Mali et au Burkina Faso, en dépit de stratégies visant à développer cet important secteur  de l'élevage (entre 12 à 14% du PIB), les petits producteurs n'ont toujours pas suffisament accès à l'information sur leurs droits, sur les techniques de production, aux outils, technologies, infrastructures ou systèmes de crédit qui pourraient les aider à améliorer leur production, augmenter leurs revenus et d'assurer leur subsistance.

L'impact du changement climatique aggrave les écosystèmes déjà dégradés, provoquant des pluies plus courtes et imprévisibles dans les zones arides, réduisant ainsi le pâturage et le fourrage. Il affecte les niveaux de production et augmente les prix des aliments qui sont déjà trop élevés pour les communautés rurales pauvres. Par ailleurs, la concurrence des importations non taxées de produits laitiers internationaux a déstabilisé les marchés nationaux où les coûts de production sont encore très élevés par manque d'investissements et de renforcement des capacités des producteurs.

Mrs. Maïga - Présidente de l'association des femmes à Bouskiri, Mali - Photo © CARMAV

Les femmes pasteurs sont traditionnellement responsables de la production laitière. Leur revenu est grandement tributaire de cette activité, en particulier pendant la période de transhumance (6 à 9 mois) lorsque les hommes se déplacent avec leur bétail à la recherche de paturâges de meilleure qualité  laissant ainsi les femmes seules avec un petit stock d'animaux. Or, cette principale source de revenus, associée à un maraîchage et un artisanat limités, ne suffit pas aux femmes pour faire face aux besoins élémentaires de leurs familles et engendre une véritable insécurité alimentaire et de la malnutrition.

Dans les zones pastorales reculées, souvent éloignées des services de base, le niveau d'analphabétisme est l'un des plus élevés au monde, atteignant jusqu'à 90%. C'est un vrai handicap et il renforce le rôle social souvent limité traditionnellement donné aux pasteurs les empêchant d'être impliqués dans les processus décisionnels et en limitant l'espace leur permettant de jouir de leurs droits.

Les communautés pastorales sont aussi très vulnérables face au VIH / SIDA. La plupart des populations pastorales en ont entendu parler, mais la majorité ne sait pas comment se protéger, la façon de détecter si elles sont infecté et comment avoir accès aux traitements et aux soins. Leur perpétuelle migration, l'utilisation d'instruments tranchants pour tondre le gazon ou le marquage des animaux, la polygamie, les mariages forcés, les mutilations génitales féminines, le tabou qui entoure le VIH et le manque d'information sur la propagation et la prévention du VIH/SIDA les exposent fortement à l'infection. Dans les zones pastorales, l'impact est encore plus dramatique, car une fois infectés, les populations ont une capacité amoidrie pour assurer leur subsistance.

ACORD travaille depuis trois décennies avec les communautés pastorales dans les zones les plus marginalisées de la Mauritanie, du Mali et du Burkina Faso. Ensemble avec les autorités locales, les services techniques (santé, agriculture), les chefs traditionnels et religieux, les agriculteurs et les groupes de pasteurs, nous rendont le pouvoir d'agir à ces communautés fain qu'elles puissent se rassembler pour faire entendre leur voix et briser le cycle de la pauvreté. En leur assurant l'investissement initial que ces communautés nécessitent (outils,  infrastructures, races améliorées, intrants agricoles, accès au  crédit), mais aussi en partageant l'information sur leurs droits et devoirs de citoyens et en facilitant leur formation sur des techniques de production, de transformation et de commercialisation localement adaptées, nous créons l'espace pour leur propre développement afin qu'elles puissent assurer elles mêmes leur subsistance de manière durable.