La souveraineté alimentaire

Qu’entend-on par souveraineté alimentaire ?

La souveraineté alimentaire est une approche où l’on considère que la production alimentaire et la sécurité alimentaire doivent être les objectifs primordiaux et la raison d’être de l’agriculture, plutôt que de considérer les denrées agricoles comme des produits ordinaires semblables aux autres. Cette vision met également l’accent sur la nécessité de mettre en place des systèmes de distribution alimentaire qui permettent aux producteurs de gagner décemment leur vie. Cette approche est particulièrement importante en Afrique où la majorité de la population affectée par la faim est constituée de petits exploitants.

Quels sont les 6 piliers de la sécurité alimentaire ?

  • La priorité donnée à l’alimentation de la population
  • La valorisation des producteurs d’aliments
  • Localise des systèmes de nourriture
  • Le renforcement du contrôle local
  • La construction des savoirs et du savoir-faire
  • Le travail avec la nature

Rapport de synthèse Nyéléni

La sécurité alimentaire met l’accent sur la nécessité de mettre en place des systèmes alimentaires efficaces basés et contrôlés localement. Dans ce cadre, les gens comptent sur les produits alimentaires produits dans leur région, réduisant ainsi les «kilomètres alimentaires » (les distances entre les centres de production et les points de consommation) et tissent des liens plus étroits entre producteurs et consommateurs. Cela signifie également que les politiques qui régissent ces systèmes alimentaires doivent être décidées localement, de manière démocratique, en permettant à la population de choisir le type de système alimentaire qui lui convient. Par principe, la sécurité alimentaire vise à éliminer le préjugé selon lequel l’expertise et l’encadrement nécessaires pour la formulation des politiques ne peuvent provenir que de «scientifiques» et non des agriculteurs eux-mêmes.

Enfin, la souveraineté alimentaire met l’accent sur la nécessité d’une approche qui favorise la protection durable de l’environnement, qui met en avant les méthodes de production agro-écologiques. Cela est particulièrement important dans le contexte actuel marqué par le changement climatique. Contrairement aux exploitations industrielles qui sont la source principale des gaz qui affectent le climat, la petite agriculture utilise des méthodes qui s’inscrivent dans la durée et qui sont réellement capables de réduire les niveaux de dioxyde de carbone.

D’où est venue cette idée ?

Le concept de souveraineté alimentaire s’est développé dans les années 90 à la suite de la mobilisation de groupes de petits exploitants du monde entier qui avaient fait le constat qu’ils ne pouvaient plus vivre de l’agriculture. Ce concept a été présenté par une alliance de petits exploitants et d’autres producteurs d’aliments à La Vía Campesina, lors du Sommet Mondial de l’Alimentation tenu en 1996 et qui a consacré pour la première fois l’engagement des participants à réduire de moitié la proportion de gens souffrant de la faim dans le monde à l’horizon 2015.

Depuis lors, ce concept s’est développé ; il a évolué et il a été adopté par beaucoup de gens à travers le monde. En 2007, plus de 500 représentants des réseaux d’agriculteurs, des syndicats, des mouvements sociaux et d’autres groupes de la société civile se sont réunis à Selingue, au Mali, au Forum mondial Nyéléni pour la souveraineté alimentaire. Le résultat de ce forum a été un appel en vue d’une restructuration radicale du système agricole et alimentaire mondial pour remplacer le système actuel largement dominé par les puissants intérêts des sociétés transnationales. Les participants ont préconisé plutôt des systèmes de production locaux et nationaux qui s’appuient sur les paysans et les petits exploitants. Le Forum a également défini six piliersde la souveraineté alimentaire (voir plus haut). Depuis le forum de Nyéleni, le concept de souveraineté alimentaire a gagné en reconnaissance à travers l’Afrique et il a même été repris officiellement par des groupements économiques régionaux comme la CEDEAO.

Dernièrement, le mouvement Via Campesina a publié la Déclaration des droits des paysans.

PDDAA

“L’Afrique peut se nourrir par elle-même, alors qu’est-ce qui ne fonctionne pas? Regardez cette vidéo pour en savoir plus sur le PDDAA, la feuille de route du continent pour une agriculture durable.


Plus d’infos sur nos actions en matière d’agriculture durable et de sécurité alimentaire ici»