Les crimes de guerre cachés

Un film documentaire

Ce documentaire d’ACORD tente de démontrer pourquoi il faut une approche holistique pour faire face à la violence sexuelle et sexo-spécifique en passant par la sensibilisation à l’interpellation de la volonté politique, au changement des législations, à l’arrestation des auteurs jusqu’à la réhabilitation et l’autonomisation économique des femmes victimes. Cela ne saurait se faire sans un changement d’attitudes au sein de la société.

Crimes de Guerre Cachés à partir de: ACORD sur Vimeo.

ACORD intervient dans le domaine des droits de la femme, et son action s’est focalisée au cours des quatre dernières années, sur la mise à terme de l’impunité suite à la violence sexo-spécifique. L’approche utilisée a porté essentiellement sur une recherche à base d’expériences concrètes ainsi que sur l’élaboration d’outils de plaidoyer et de sensibilisation sociale, sur la facilitation de l’émergence d’une culture de tolérance zéro envers la violence sexuelle; sur le renforcement de la capacité des parties prenantes pour une prévention plus accrue, une réponse et un suivi des actes de violence sexo-spécifique; l’instauration d’une justice réparatrice à travers des programmes censés promouvoir les moyens de subsistance des communautés et le lobby auprès des décideurs en vue de l’institution d’un fonds d’indemnisation des victimes.

Les crimes de guerre cachés

Une bénéficiaire du Programme MDG3 fière devant ses bananiers.
Photo par David Mudachi/ACORD

La fustigation de l’Impunité au terme de la Violence sexuelle et sexo-spécifique dans les pays de la Région des Grands Lacs (RGL) l’émanation d’un programme régional de trois ans (2009-2011) mis en œuvre par ACORD au Burundi, RDC, Kenya, Tanzanie et Ouganda avec le financement du Gouvernement néerlandais dans le cadre du fonds sur l’OMD3. Il a été motivé par la nécessité d’exposer les crimes sexuels commis en temps de guerre mais occultés, dont étaient victimes, les femmes et les jeunes filles, de mettre un terme à l’impunité dont jouissaient les auteurs et de permettre leur arrestation afin de les traduire en justice. Le but principal recherché était d’instaurer la justice, l’apaisement et la réhabilitation des victimes de ces crimes ignobles et d’y mettre un terme final.

Bien qu’il existe des cadres juridiques nécessaires au niveau régional (par exemple le Protocole de la Région des Grands Lacs sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement) établissant des normes pour faire face aux violences sexuelle et sexo-spécifique; obligeant les Etats membres à punir les coupables; à incorporer des clauses préventives ; et à encourager des peines maximales, etc.; il ya une nette démarcation entre ces instruments régionaux et la réalité sur le terrain où persistent les violations sexuelles et où les pays en conflit ne disposent pas de structures et de mécanismes pour protéger les jeunes filles et les femmes appartenant aux groupes vulnérables, et pour leur permettre l’accès à la justice tant souhaitée.

La perspective régionale et la nature du programme s’étaient avérées cruciales dans l’instauration de la loi, la sécurité et la protection contre les abus sexuels dont sont victimes les femmes et les jeunes filles. Les conflits internes (dans un pays particulier) ont souvent un impact cylindrique avec la fuite des populations et des criminels qui traversent les pays et la région à la faveur des frontières poreuses. Une approche régionale était donc nécessaire pour renforcer les législations, la sécurité et la redevabilité de ces nations conformément aux protocoles internationaux sur la paix et la sécurité qu’elles ont ratifiés, pour faire face à la dérobade des auteurs de crimes sexuels et réduire la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles à la fois en temps de paix que dans un contexte de paix par exemple la situation des personnes déplacées au plan interne et des camps de réfugiés.

L’exploitation de documents sur les politiques juridiques

Un autre aspect important du programme a également porté sur la collecte de preuves à travers la compilation de données ainsi que l’exploitation de documents sur les politiques juridiques afin d’établir promptement des cadres et institutions juridiques appropriés, de permettre l’accès à la justice et à l’indemnisation des victimes des crimes sexuels. Les outils de recherche élaborés comprennent un Indice de Violence sexuelle et sexo-spécifique expérimenté dans les pays cibles ; des audits judiciaires des cabinets juridiques qui traitent des délits de violence sexuelle dans tous les cinq pays ; recherche sur la protection et mécanismes d’indemnisation des victimes de violence sexuelle. Il a été élaboré un guide d’évaluation qualitative pour l’enregistrement des dossiers et la gestion des preuves d’actes de violence sexuelle à l’usage entre autres, des institutions judiciaire et juridique dans les cinq pays cibles et à travers tout le continent.

ACORD s’efforce de mettre en pratique son atout qui lui permet d’établir un lien entre les questions locales et les politiques en vue d’influencer les politiques et les pratiques. La réponse issue du programme s’est appuyée sur une stratégie en trois temps pour répondre aux besoins complexes des populations cibles primaires qui sont les jeunes filles et les femmes victimes de la violence sexuelle dont elles font l’objet en temps de conflit et de post conflit. Le programme avait pour vocation de faciliter i) l’instauration d’une loi effective, de la protection et des mécanismes de justice en faveur des victimes et de mettre un terme à l’impunité dont jouit les criminels, ii) un changement culturel et de pratiques eu égard à la violence et au crime sexuels, ainsi que iii) une indemnisation par la communauté et l’Etat des victimes de violence et crimes sexuels.

 

Une bénéficiaire du programme MDG3 améliore ses moyens de subsistance en vendant des grains sur le marché. La réparations réduit la vulnérabilité des femmes, leur permettant ainsi de s'engager dans des activités génératrices de revenus.
Photo par David Mudachi/ACORD

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