Préoccupations urgentes concernant l'escalade de la Violence en RCA

Dans une lettre conjointe au Conseil de sécurité des Nations Unies, ACORD et 27 autres organisations de défense des droits de l'homme, humanitaires appellent le Conseil de sécurité de l'ONU à envoyer d'urgence plus de soldats de maintien de la paix et à améliorer la protection des civils en République Centrafricaine (RCA).

ACORD est présent en RCA depuis 2009. Après deux années de conflit, déclenchées par le coup d'État de mars 2013, une nouvelle constitution a été approuvée par referendum et les élections présidentielles se sont déroulées de manière relativement pacifique fin 2015. Les priorités du président nouvellement élu, M. Touadera, sont la réconciliation nationale et le désarmement des groupes armés. Cependant, la situation est restée instable avec un climat de méfiance qui persiste dans tout le pays et la cohésion sociale au niveau communautaire et la communication entre les confessions religieuses restent un sérieux défi pour la réconciliation nationale. Plutôt que de montrer des signes d'amélioration, les développements récents dans le pays ont été troublants. Depuis début 2017, la situation dans le pays s'est encore détériorée au point que les niveaux actuels d'insécurité dépassent ceux de 2014 lorsque la mission de maintien de la paix de l'ONU a été établie, tout comme la gravité de la crise humanitaire qui frappe le pays.

« Nous sommes gravement préoccupés par la nécessité de restaurer les conditions sécuritaires qui permettent aux acteurs humanitaires et de développement d’être opérationnels », explique Sophie Havyarimana, responsable des opérations et du développement des programmes chez ACORD. « Assurer la protection des civils est également nécessaire pour aider à créer les conditions qui permettraient la revitalisation du processus politique », ajoute-elle.

Afin de créer des conditions plus sûres pour que les agents d'administration puissent s'établir en province, que les personnes déplacées reviennent et soient correctement servies, pour plus de tolérance et de paix dans les communautés, ACORD a œuvré pour la cohésion sociale et la promotion de la paix sociale. Cela a été entravé par l'insécurité et la peur récurrentes. La mise en œuvre de notre réponse humanitaire et de moyens de subsistance a aussi également été handicapée dans le contexte extrêmement difficile d'insécurité.

La communauté internationale a la responsabilité de protéger la population contre les atrocités. Le Secrétaire Général de l'ONU, Antonio Guterres, a visité la RCA au début du mois et est soutenu par la coalition internationale de la RCA dont ACORD fait partie, pour que le reste du monde ne perde pas de vue la crise oubliée de ce pays d'Afrique centrale. La RCA est en tête de liste des crises de déplacement négligées pour 2017, d’après le NRC.

Pour mieux comprendre le contexte historique de la crise en RCA, lire une étude conjointe d'ACORD et CCFD-Terre Solidaire intitulée «Les sociétés prises dans le piège du conflit. Résultats d’une recherche régionale, Tchad, République Centrafricaine, Soudan, Soudan du Sud " :
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Lire la lettre conjointe au Conseil de sécurité des Nations Unies, de ACORD et 27 autres organisations : français | anglais
 

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