La mangue séchée, une alternative en matière de sécurité alimentaire et de génération de revenus en Guinée

Contexte

La Guinée est un pays de l'Afrique de l'Ouest, dont la population de près de 10 millions d'habitants, vit toujours dans une grande pauvreté, avec le pays classé 178 sur 187 pays (indice de développement humain 2013). L'espérance de vie y est de 54 ans et les deux tiers des guinéens vivent dans lez zones rurales. Le problème d'insécurité alimentaire est réel, et ce malgré des ressources naturelles disponibles. Dans la région de Haute-Guinée et zone de Kankan où ACORD est aussi présente, c'est souvent le manque de formation et d'accompagnement des populations qui fait persister le problème. L'exemple de la filière mangue est particulièrement intéressant, et ACORD met en œuvre un projet qui commence à porter ses fruits. La mangue, en plus d'être un produit d'exportation, est un des principaux aliments consommés durant la période de soudure dans certaines régions de la Guinée. En Haute Guinée plus particulièrement, plus de 60 % de mangues sont perdues ou pourrissent pour diverses raisons notamment: le manque de débouchés commerciaux, la carence en industries de transformation et de conservation, la présence de la mouche des fruits qui attaquent les récoltes et certaines pratiques post-récolte. Il s'y ajoute que la mangue est un fruit qui demande des précautions particulières pour sa cueillette, sa manutention et son stockage. Des actions de transformation de la mangue en sous-produits peuvent être un palliatif et une opportunité de création de richesse en faveur des communautés locales, notamment les femmes. La méconnaissance des techniques de transformation de la mangue prive les femmes de revenus (surtout dans les zones rurales) et les ménages d'aliments de soutien pendant les périodes de soudure.

Notre projet se focalise sur une solution alternative qui consiste à encourager des activités de transformation de la mangue en sous-produits, ce qui, dans ce contexte, crée des emplois et génère de nouvelles sources de revenu pour les femmes rurales surtout.  La mangue séchée est une de ces alternatives et une qui est bien adapté au contexte de la Haute-Guinée. Nos formations consistent à développer de nouvelles compétences pour les femmes, en matière de techniques de préparation, de tri, de manipulation et de séchage des mangues.
Le projet se concentre pour l'instant dans la zone de Kankan, en faveur de 16 associations de femmes (300 femmes) dans les localités de Baté-Nafadji et de Diankana.

Démarche utilisée pour les formations

- Approche participative avec implication de toutes les parties prenantes (femmes, autorités locales, ONG ADAPE-Guinée comme partenaire local, et les leaders communautaires).
- Stratégie du « faire faire » pour s'assurer que la formation ne reste pas théorique mais est acquise au moyen de la mise en pratique de l'enseignement
- Concertation avec l'équipe de formatrices
- Choix de site d'implantation de séchoirs avec les femmes elles-mêmes
Le Pool de médiateur local (les pools de médiateurs font partie de la stratégie de consolidation de la paix d'ACORD en Guinée) travaillera en parfaite harmonie avec les unions de transformation des mangues dans le processus de consolidation de la paix gage plus sur pour un développement durable.

Activités spécifiques

• Prise de contact avec les autorités locales et identification des groupements féminins
• Information et sensibilisation des membres de l'union de transformatrices sur le bien fondé et les avantages court et long terme du projet
• Constitution des unités de gestion par site et planification des activités. A ce niveau, l'initiative a été laissée aux femmes de s'organiser et désigner 150 femmes choisies parmi les cinq groupements existants à Diankana et 11 groupements à Baté Nafadji, en fonction de la taille de chaque groupement
• Structuration de l'union des femmes transformatrices de mangue (des représentantes au niveau de chaque groupement ont été choisies pour constituer l'union des transformatrices de mangue)
• Lancement officiel des activités du projet dans les deux sites en présence des autorités locales
• mise à disposition des équipements et matériels de travail (tables grillagés pour exposition des mangues; des marmites pour cuisson des solutions et tranches de mangues; des bassines (petites, moyennes et grandes); des sceaux pour le transport des fruits et l'eau; des balances pour le pesage des mangues; des gans; des protèges-nez; des couteaux pour épluchage des mangues; des passoirs; des louches; des bols en plastique; du sucre; de l'acide citrique; des tissus transparents et non transparents à étaler sur les tables; une petite subvention pour la restauration des participants pendant les sessions de formation et l'achat de fruits destinés au temps de formation; des sachets plastiques; des blouses pour les temps de transformation des mangues; des blocs notes pour le secrétariat).

Résultats de la Phase I du projet

Témoignages

"Bien avant l'appui de ce projet nous ne savions consommer la mangue que crue ou cuite, mais aujourd'hui j'apprends à valoriser autrement la mangue et à la conserver pendant longtemps. Se dire qu'un sachet de mangue coute 25000 fg, cet élan offrira à chacune des femmes impliquée dans ce processus, des revenus importants pour assurer la sécurité alimentaire. Je vous suggère au delà du magasin que vous allez construire de nous aider à installer un tunnel comme c'est le cas à Diankana pour le séchage rapide des mangues. Merci." Hadja Nanteni Berete, Présidente de l'Union des femmes de Baté Nafadji

"Habituellement les mangues pourrissaient sous nos yeux du fait que nous ne savions comment utiliser autrement la mangue, mais à présent les mangues ne vont plus pourrir sous nos yeux, nous saurons désormais à partir de ce que nous avons appris valoriser les mangues." Témoignage collectif des femmes du groupement de Baté Nafadji

"Au nom des autorités de la région que je représente ici à cette cérémonie marquant la fin de la formation, je tiens à remercier et féliciter les heureux donateurs de cet appui en équipement et matériels, surtout de la formation sur les techniques de séchage des mangues. C'est avec regret que nous voyons nos mangues pourrir et non valorisées. Aujourd'hui l'espoir est avec nous; aider les femmes de nos communautés c'est toute la Guinée qui en profite. Je prends l'engagement au nom de Monsieur le Préfet qui ne pouvait être avec nous aujourd'hui, de créer toutes les facilités nécessaires pour que le projet se poursuive normalement." Témoignage du représentant des autorités locales

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